Et c’est parti pour Nuke 16.0 ! Foundry vient de lancer la dernière version de son logiciel phare dédié au compositing. Cette mise à jour introduit un nouveau flux de travail multi-shot, des améliorations sur le système de composition 3D et une meilleure gestion de la rotoscopie. Les éditions avancées NukeX et Nuke Studio bénéficient également d’améliorations, notamment au niveau de BlinkScript, de l’interface et des capacités d’exportation. On fait le point !
Nuke 16.0 : un workflow multi-shot natif
Jusqu’à présent, Nuke était conçu pour travailler prise de vue par prise de vue. Chaque script .nk correspondait à une seule séquence. Mais avec Nuke 16.0, Foundry franchit une étape vers un workflow de composition multi-shot natif.
Le système repose sur les variables de portée graphique (GSV) qui permettent de réutiliser un script sur plusieurs séquences. Deux nouveaux nœuds viennent structurer ce fonctionnement :
- VariableGroup, qui définit les variables de contexte.
- VariableSwitch, qui permet de basculer entre différentes prises de vue.
Un panneau Variables facilite l’interaction avec ces paramètres, tandis qu’une vue de groupe améliore la gestion des nœuds. Les LiveGroups et le rendu en ligne de commande prennent désormais en charge ces GSV pour optimiser la productivité.
Des outils de liaison et un système 3D amélioré dans Nuke 16.0
L’interface des nœuds se modernise aussi avec l’arrivée des Link Nodes. Concrètement, ils permettent de créer une copie dynamique d’un nœud. Donc concrètement, toutes les modifications apportées à l’un se répercutent automatiquement sur l’autre, sans nécessiter de duplication manuelle.
Du côté de la composition 3D, Foundry poursuit l’amélioration du système basé sur USD introduit dans Nuke 14.0. Plusieurs nœuds couramment utilisés, comme GeoCard, GeoTransform, GeoMerge et GeoScene, profitent d’une mise à jour.
On a aussi droit à un nouveau moteur de rendu, ScanlineRender2. Son principal point fort, c’est qu’il introduit une architecture basée sur le ray tracing. Pour l’instant, le support des shaders pour les lumières et matériaux est limité. Mais il y a fort à parier que ce système pourrait évoluer vers un moteur de rendu plus performant.
Des performances boostées en rotoscopie
Si vous êtes spécialisés en rotoscopie, vous allez adorer Nuke 16.0. Cette mise à jour réduit le décalage de l’interface utilisateur et optimise l’affichage des formes, même lorsqu’un flou de mouvement est appliqué. L’objectif est d’obtenir des fréquences d’images plus élevées pour rendre le travail plus fluide, notamment sur des séquences complexes.
Du nouveau pour BlinkScript et Nuke Studio
Les développeurs profitent d’un éditeur BlinkScript plus intuitif. Il intègre désormais les fonctionnalités courantes d’un IDE : indentation automatique, fermeture des crochets, suggestions de complétion et recherche avancée. Un nouveau système, Safety Rails, aide à identifier les erreurs lors du prototypage de scripts Blink, ce qui permet de limiter les risques de crash et de faciliter le débogage.
De son côté, Nuke Studio introduit plusieurs fonctionnalités destinées aux monteurs et aux superviseurs :
- Une vue feuille de contact pour comparer plusieurs prises de vue simultanément.
- Une gestion optimisée des effets doux multicanaux pour manipuler des fichiers EXR multicouches dans la timeline.
- Un système d’exportation rapide qui utilise le moteur de lecture en temps réel de Nuke Studio. Le gain de performance moyen annoncé atteint 12 fois la vitesse d’exportation des versions précédentes !
Quels tarifs et compatibilité pour cette dernière version de Nuke ?
Nuke 16.0 fonctionne sur Windows 10+, macOS 14.0+ et Rocky Linux 9.0+. Quant au logiciel, il est disponible uniquement via des abonnements et propose plusieurs types de licences :
- Nuke : environ 3 400 € par an
- NukeX : environ 4 650 € par an
- Nuke Studio : environ 5 680 € par an
- Nuke Render : environ 410 € par an
- Nuke Indie (limité aux artistes gagnant moins de 92 000 € par an) : 470 € par an
Les prix ont légèrement augmenté par rapport à la version précédente avec une hausse moyenne de 5 à 7 % sur les abonnements pros.
Pour résumé ? Avec Nuke 16.0, Foundry modernise son outil de compositing en intégrant des flux de travail plus flexibles, une gestion améliorée du 3D et des performances accrues. Cette mise à jour s’adresse autant aux artistes indépendants qu’aux grandes productions qui cherchent à optimiser leur pipeline VFX !